Charpentes en bois

Après avoir été formés par les Compagnons du Devoir, Fabien Vavasseur et Etienne Montagnon ont fondé VDM charpente, une jeune PME qui enchaine les chantiers à taille humaine depuis 2006. Composé de neuf personnes, l’entreprise à déjà plusieurs réalisations à son actif le Ponton de Robert Wan à Bora Bora, le bardeau d’une partie de l’aéroport de Tahiti-Faa’a, la pergola Yummi au centre Vaima à Papeete, le bar rond du Manava hotel à Punaauia. Charpentier depuis vingt-deux années, Fabien Vavasseur aime partager son savoir-faire en matière de construction bois, un matériau noble et qui s’adapte bien à la Polynésie.

Quels sont les avantages de la construction en bois ?

Avec le bois, on arrive à fabriquer des murs plus performants sur le plan acoustique et thermique, le bois étant plus isolant que le parpaing. On est donc moins gêné par la chaleur extérieure. Contrairement au parpaing ou au béton qui, emmagasine la chaleur et la restitue à l’intérieur. L’isolation est importante en terme de confort mais aussi en terme d’économie n’énergie. Tous ceux qui climatisent une maison en dur actuellement, feraient énormément d’économie chez EDT s’ils devaient climatiser la même maison, mais construite en bois. L’investissement de départ est plus important car une maison en bois coûte un peu plus cher à la fabrication, mais on s’y retrouve sur le long terme. Le bois permet aussi plus de facilité à la rénovation ou à l’agrandissement que le béton par exemple. Les maisons en bois offrent des chantiers propres et rapides grâce, notamment, à la préfabrication en atelier.

Quels sont les inconvénients d’une construction en bois ?

La première chose qui rebute un peu les gens ce sont les termites présents en Polynésie. Mais il faut savoir que tous les terrains ne sont pas sujets à termite. De plus, il existe des traitements préventifs et curatifs. Les gens ont également à l’esprit que le bois s’enflamme… Mais il faut savoir que le bois a une meilleure tenue lors d’un incendie qu’une charpente métallique par exemple.

Le bois utilisé pour une construction est-il toujours traité ?

Oui, tous les bois de construction doivent l’être. Il s’agit d’un traitement en machine et par pression. L’opération est complétée par le constructeur qui applique un traitement d’appoint sur les différentes découpes lors de la fabrication. Le traitement donne en général une teinte verte au bois.

Est-il possible d’obtenir un bois traité tout en respectant la teinte naturelle de celui-ci?

Il existe des traitements incolores qui ne rendent pas le bois vert mais ils sont moins puissants. A ce moment-là, il faut respecter les recommandations d’utilisation c’est-à-dire utiliser ce bois à l’intérieur ou en extérieur sous abri. Une charpente de terrasse, par exemple, conviendrait bien à cet usage.

Le bois est-t-il une matière adaptée pour la Polynésie ?

Oui et pourtant la construction en bois n’est pas très en vogue ici. Je pense que cela s’explique par l’image du bois : il apparait moins solide que le parpaing. Les gens disent se sentir plus rassurés dans une construction en dur. Or, le bois est très prisé en Europe, aux Etats-Unis ou au Canada, surtout en bord de mer, exactement dans la même configuration qu’en Polynésie.

Quelles sont les essences de bois les plus adaptées à la Polynésie ?

On adapte les essences en fonction de la construction. Pour les structures intérieures où l’on a besoin de grosses pièces, le pin ou le sapin prédominent car c’est moins onéreux. Du point de vue de leur résistance, les pins ou sapins sont un bon compromis. N’étant pas trop durs, ils acceptent bien les traitements par injection. Pour les extérieurs, on utilise du bois exotique pour une meilleure longévité qui peut aller jusqu’à vingt ans.

Quelles sont ces essences exotiques ?

Localement, il y a pas mal de Kohu, autrement appelé Merbau. On utilise aussi du Cumaru qui vient d’Amérique du sud ou encore du Tatajuba. On privilégiera ces derniers au Merbau car ils sont moins onéreux. Dans une gamme supérieure, on utilise l’ipé qui est de la même famille que le Cumaru. Le choix de l’essence dépend aussi du budget des constructeurs.

Quel bois utilises-tu le plus ?

Pour la structure en général, nous utilisons le Pin Radiata de Nouvelle Zélande en massif ou Lamellé collé. Pour les constructions extérieures du type pergola, terrasse, deck, nous utilisons le Cumaru ou le Tatajuba.

Quels sont les différents types de couverture en bois ?

Ici en Polynésie, on utilise beaucoup le bardeau, c’est-à-dire des petites tuiles de bois découpées en différents formats qui donnent plus de cachet à la maison que la tôle. Le bardeau de bois est principalement fabriqué en cèdre rouge venant des Etats-Unis ou du Canada. Il existe aussi des bardeaux fabriqués localement. Certains utilisent du bois importé et d’autre commencent à utiliser le Pinus local.

Le bardeau est donc plus répandu qu’on ne le croit ?

Oui, et ce depuis le Moyen Âge, où les bardeaux étaient très répandus dans toute l'Europe. Aujourd’hui encore, on les retrouve beaucoup dans les Balkans, et notamment en Albanie. Actuellement, le bardeau est disponible en cèdre rouge, en chêne, en mélèze, en cèdre et en châtaignier mais en Polynésie, il sera plutôt fait en cèdre rouge.

Est-ce qu’un particulier peut faire lui-même son ossature, charpente et couverture ?

On peut tout faire soi-même mais avec les risques que cela comporte si les règles de l’art ne sont pas respectées. Comme celles consistant à tenir compte de la résistance mécanique du bois. Les bois vont supporter des charges qu’il faut prendre en compte dans l’élaboration d’une ossature, de charpente ou de plancher. Nous recommandons plutôt de faire appel à des professionnels expérimentés et correctement formés pour tout ce qui est structurel.

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